L’origine du projet "les fous de nefs"


C’est le Cercle Nautique de l’Ill Club de Strasbourg qui, en participant à la Vogalonga Vénitienne, s’est rendu compte de l’exceptionnel bassin hydraulique strasbourgeois qui est bien adapté pour organiser une telle manifestation. Strasbourg veut renouer avec son passé fluvial qui a contribué à son essor.

C’est à partir d’une volonté commune des clubs d’avirons, de canoës et de kayaks de Strasbourg (France) et de Kehl (Allemagne) qu’est née cette idée folle, comme disait Charlemagne, de l’organisation d’un week-end de randonnées fluviales à Strasbourg. Nos clubs veulent mettre en lumière leurs activités nautiques par le biais d’un grand rassemblement européen de fous de nefs…Les fous de nefs – Die  Sciffsnarren est une association sans but lucratif de tous les clubs Strasbourgeois et Kehlois.

31 A, rue des Imprimeurs F-67200 STRASBOURG

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9, allée Colette Besson
F-67100 STRASBOURG

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Quai Jean-Pierre Mayno
F-67100 STRASBOURG

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20, rue de la Plaine des Bouchers
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22, rue du Général Uhrich
F-67000 STRASBOURG

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36, rue Pierre de Coubertin
F-67000 STRASBOURG

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31, rue des Imprimeurs
F-67100 STRASBOURG

Hafenstraße 6
D-77694 KEHL

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L’Alsace et le Rhin : une longue histoire


L’Alsace, fille de l’Ill et du Rhin : Avec un cours d’une longueur 216 km, l’Ill prend sa source sur le Glaserberg dans le Jura alsacien et se jette dans le Rhin en aval de Strasbourg à Offendorf. Son courant permettait de faire tourner les roues à aubes des scieries et des moulins.
Historiquement,  l’une des hypothèses la plus répandue de l’origine du nom « Elsass » serait l’Ill. Etymologiquement le nom de notre région viendrait de El- en alémanique – Ell  désigne l’Ill. C’est l’Ellsass. Dans cette logique, Elsass  (Sass de Sitzen) signifierait « le pays au bord de l’Ill » ou le « pays de l’Ill ».
L’Ill est la colonne vertébrale de l’Alsace, elle inondait et fertilisait régulièrement ses terres pour en faire ce « beau jardin » décrit par Louis XIV. C’est à Strasbourg qu’elle se divise en plusieurs bras et concourt à la renommée touristique du quartier de la Petite France.

Le Rhin, ce grand fleuve mythique, a engendré tant de légendes et de rêves fous. De l’Or du Rhin de la Lorelei au romantisme des auteurs du XIX siècle. Il caractérise des frontières, des guerres, des richesses et surtout la vie.
Il est l’axe de l’Europe et a permis à Strasbourg, depuis le Moyen Age, d’assurer son développement et son ouverture vers les pays germaniques. C’est toute l’Alsace qui a bénéficié de cette autoroute fluviale et qui a structuré son histoire parfois dramatique.
« Les fous de nefs » s’inscrivent dans cette logique alsacienne de l’Ill et du Rhin. L’opération veut transcender cette filiation, la revitaliser par une lecture européenne comme le bilinguisme (Die Schiffsnarren), l’histoire (une randonnée urbaine), la culture (Sébastien Brant) et l’eau (les sports nautiques, la nature)…

L’histoire de Strasbourg ses liens avec l’eau


Notre ville doit et peut renouer avec son histoire fluviale. Elle est toujours le 2ème port fluvial français et dispose à l’heure actuelle d’un réseau de cours d’eau assez exceptionnel (Cf. carte). Il y a peu de villes qui occupent comme Strasbourg, au point de vue hydrographique une position aussi favorisée et une particularité semblable. Notre cité se trouve dans une sorte de centre, où se réunissent le Rhin, l’Ill, la Bruche. On pourrait sous titrer Strasbourg en « Flussbourg ».

Strasbourg ville d’eau


Sources bibliographiques : Robert BRESCH : Histoire de l’Alimentation en Eau de la Ville de Strasbourg.

Dès l’antiquité les fleuves et les rivières servaient de voies d’échanges commerciaux, pour le transport des marchandises,  pour la circulation des biens et des hommes. Très tôt on y a installé des moulins, des tanneries.
Au Moyen Age un grand nombre de fossés, de rivières et de ruisseaux sillonnaient la ville. Jadis la Bruche (qui de nos jours est un affluent de l’Ill) bordait la ville à l’Ouest alors que l’Ill se jetait dans le Rhin en amont de Strasbourg. La Bruche traversait alors Strasbourg.  Jusqu’au début du 20ème siècle on transportait le bois de flottage depuis les Vosges et la Forêts Noire. Jusque dans les années 1970 fonctionnaient les Glacières de Strasbourg et toute une industrie liée à l’électricité hydraulique. Mais l’eau a, de tous temps, été aussi un lieu de ressourcement, de jeux de plaisir.
On y pratiquait des joutes nautiques, des jeux d’été, du patinage l’hiver.

Sébastien Brant


Le nom de l’événement « Les fous de nefs » est une référence à l’ouvrage de ce grand écrivain. C’est un détournement de la Nef des Fous.
Né à Strasbourg en 1457, vraisemblablement dans le quartier du « Finckwiller », issu d’une famille patricienne, il se passionna précocement pour l’étude de sa langue maternelle. Il rédigea « la Nef des Fous » dans une langue « vigoureuse et pittoresque »*  qui se situe entre le moyen-haut-allemand tardif (Spätmittelhochdeutsch) et le nouveau-haut-allemand précoce (Frühneuhochdeutsch) qui est farcie de régionalismes alémaniques puisés dans le vieil alsacien d’alors*. Ce livre fit fureur et lui assura la célébrité.
Le livre :

Il fût illustré en partie par le jeune  Albrecht Dürer. L’édition originale réalisée à Bâle date de 1494 (publiée durant le carnaval), mais l’ouvrage, qui a connu un énorme succès, est fréquemment réédité, souvent illustré de gravures sur bois. Et dans une version « enrichie » par un anonyme, à Strasbourg (presses de Johann Grüninger), et de nouveau à Bâle en 1495 et 1499.

Il illustre les vices de l’Humanité, chapitre par chapitre, en ridiculisant certains  aspects de la « folie » humaine. S’il condamne avec rigueur les défauts des hommes, tous embarqués dans « la même Nef » c’est dans l’espoir de les voir s’amender et se redresser. C’est un véritable documentaire sur son époque. Ce fut après la Bible le livre le plus lu au 16ème siècle dans l’Europe toute entière en cette période de réforme. Pour Geileer de Kaysersberg, grand prédicateur de la cathédrale de Strasbourg à la même époque, l’action thérapeutique  du « Narrenschiff » sur les âmes en perdition en fait « la Nef du Salut »

*sources bibliographique : Raymond Matzen/ Langue et culture régionale, cahier n°6 (CRDP Strasbourg).

Quelques illustrations


Douane : Kaufhüs 1358, agrandie au XVeAu Moyen Age, le port de STRASBOURG se trouvait au bord de l’Ill. La douane a été construite en 1358. Elle dispose à partir de 1385 de deux grandes grues élévatrices en bois pour le transbordement des marchandises et ce jusqu’à la fin du XIXe siècle, quand on construisit le Port sur le Rhin.

La Corporation de l’AncreLe poêle de la corporation de l’Ancre (zum Enker) occupait le 9, quai des Bateliers de 1398 à 1791 Vitrail de la corporation de l’Ancre, 1604.